Tenue correcte exigée !

Cela vous est-il déjà arrivé d’entendre une personne de votre entourage vous dire qu’elle était ‘’trop grosse’’ / ‘’trop maigre’’ /  ‘’trop petite’’ / ‘’trop grande’’ pour porter tel ou tel vêtement?

On vous a toujours dit que les jupes c’était fait pour les filles mais pas pour les garçons?

Si vous êtes justement une fille, vous avez déjà hésité à porter cette fameuse jupe ou robe car vous aviez peur qu’on l’a trouve trop courte, n’est-ce-pas?

Dans la culture judéo-chrétienne, le vêtement est intimement lié au péché originel. Au Paradis terrestre, Adam et Ève vivaient nus et reçurent au moment de leur expulsion un vêtement pour cacher leur nudité, source de honte. S’en est suivis des siècles de restrictions, réglementations et interdictions dictés par l’Eglise… Mais la religion n’est pas la seule source de codifications, et aujourd’hui encore, la mode est fortement liées à certains diktats.

Ne pas se faire remarquer, ne pas se mettre en valeur, ne pas se travestir, rejeter les formes inconvenantes et les couleurs voyantes, s’habiller selon son âge, son sexe, son milieu, ses activités, tels sont les préceptes de base à respecter si l’on ne veut pas être l’objet de regards inquisiteurs, de moqueries ou d’insultes. Le vêtement est depuis tout temps régit par des codes très strictes, et si certains se sont assouplis et ont évolués, d’autres restent fortement ancrés dans nos mentalités.

L’exposition « Tenue Correcte exigée, quand le vêtement fait scandale » au Musée des Arts Décoratifs retrace justement l’histoire du code vestimentaire dans la culture occidentale. À Paris, difficile de faire un choix parmi les innombrables expositions… Mais si comme moi, vous aimez la mode et êtes intéressés par les questions de sociétés, celle-ci est faite pour vous.

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Toilette de ville, La mode du Petit Journal, 4 février 1896, Musée des Arts Décoratifs, Paris

Articulée autour de trois grandes thématiques: ‘’Le vêtement et la règle’’, ‘’Est-ce une fille ou un  garçon?’’ et ‘’La provocation des excès’’, j’ai trouvé cette exposition très bien construite et agréable à parcourir. C’est une invitation à un voyage dans le temps, plus de 300 pièces de vêtements et d’accessoires sont présentés, et l’on se laisse transporter par les extraits d’archives de films ou d’émissions TV qui viennent enrichir la scénographie.

L’exposition commence par des citations ‘’choc’’ d’écrivains renommés sur ces fameux codes vestimentaires, à vous de deviner qui les a prononcé avant de retourner les cartels… vous allez être surpris! Puis viennent des extraits de la télévision française dont un avec Cristina Cordula, la reine du shopping d’M6. Entrées en même temps que moi, un groupe de (très) jeunes filles, qui devaient avoir entre 8 et 12 ans, la reconnaissent immédiatement et prononcent en coeur « Ma chérie tu es manifaiiiik ». Preuve s’il en fallait que les émissions du PAF trouvent toujours un écho chez les jeunes! Quelques jours plus tard je suis d’ailleurs tombée sur un portait de Cristina, réalisé par Géraldine Dormoy-Tungate, journaliste à l’express.fr que je vous invite à lire!

Des tenues osées de Marie-Antoinette à la robe Vichy portée par Brigitte Bardot à son mariage, en passant par la mini-jupe des 60s ou le smoking pour femme d’Yves Saint-Laurent, les femmes sont les premières cibles des scandales vestimentaires, même si les hommes ne sont pas en reste. Vous souvenez-vous des réactions suscitées par le smoking masculin, avec une coupe très près du corps, pensé par Hédi Slimane pour Dior en 2001? Sûrement pas, et pourtant combien d’hommes ont portés ces pantalons très ajusté depuis? Combien de pantalons et jeans ‘’slim’’ ont été vendus?

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Yves Saint Laurent, smoking Haute Couture automne/hiver 1966

S’il fallait retenir une seule chose de cette superbe exposition, je dirais: osez! Osez transgresser les règles, soyez-vous même car ce sera vous, aujourd’hui fous et moqués, qui ferez la mode de demain et dont on parlera peut-être encore dans 150 ans (sauf si vous portez du Desigual, là je ne peux rien vous garantir…).

Conclusion qui me fait penser à la lettre de Sophie Fontanelle « aux lookés » pour le magazine Antidote qui nous rappelle que le ridicule ne tue pas et que l’originalité rend au contraire plus fort.

Ah et surtout, vous avez jusqu’au 23 avril pour voir cette expo, alors enfilez votre plus belle tenue d’apparat et foncez-y!

PS: si vous n’êtes toujours pas convaincu, c’est gratuit pour les – de 26 ans, et vous n’avez pas besoin de faire la queue. 

By Félina Reydellet

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