Quelle réalité derrière les Digital Natives ?

L’arrivée du numérique dans nos vies, son avancée rapide et les changements qu’il apporte nous ont tous pris de court. De nouveaux réflexes sont apparus, d’autres ont disparus, et la plupart se sont modifiés petit à petit. Une partie de la population – généralement les plus âgés – doit choisir, consciemment ou non, de s’adapter (ou pas). Pour beaucoup d’autres, les plus jeunes, il n’y a pas d’alternative car tout ce qui touche aux réseaux sociaux leur semble naturel, en tout cas plus qu’à leurs aînés.

Quelle réalité derrière les Digital Natives ?

C’est néanmoins ce que pensent les parents, grands-parents, oncles, tantes, ceux à qui tout cela semble assez lointain et étranger. On tente, à coup de concepts sociologiques plus ou moins robustes, de tous les mettre dans le même panier. Entre la « génération Y » et les « digital natives », on aurait ainsi l’impression que ceux qui sont nés dans les années 90 sont tous des génies de l’informatique et des connaisseurs experts de tout ce qui touche au web.

Un article de l’European Driving Licence Foundation, paru en ce début d’année, semble indiquer que l’on surestime de beaucoup les capacités numériques et informatiques des plus jeunes. Il y est expliqué et argumenté à renfort de chiffres, que l’on confond l’exposition aux technologies de la communication (TIC) et l’aptitude à les utiliser de manière efficace. Il y est par exemple fait état qu’en Italie, 40% des étudiants ne protègent pas l’accès à leur téléphone portable via un code ou schéma. Autre statistique : 50% d’entre eux ne s’intéressent pas aux permissions que demandent les applications avant d’être installées sur leur appareil. Plus curieux : en Allemagne, si tous les étudiants sont plutôt doués pour mettre des pages web en favoris, moins de 20% savent comment appliquer un changement de police dans un logiciel de traitement de texte.

L’article note que cet écart entre ce qui est vu comme une aptitude innée et ce que l’on observe au final chez nos benjamins est potentiellement dangereux pour eux au niveau professionnel.

Mais encore une fois, nous avons là une étude menée par des chercheurs aguerris dont les résultats ont été analysés, croisés, sourcés. On ne porte certainement pas assez d’attention à ce qu’auraient à dire les principaux concernés sur le sujet, à savoir les adolescents.

Andrew Watts, étudiant à l’université du Texas à Austin, a pris le parti d’analyser dans un billet sur Medium, avec son point de vue d’adolescent, les différents réseaux sociaux qu’il utilise. Tout y passe : la fréquence d’usage, les avantages des uns, les points noirs des autres, mise en contexte géographique et temporelle, etc.

Il y a plusieurs enseignements à tirer de cet article, comme le fait que les adolescents ne seraient pas si insensibles aux problématiques de protection de la vie privée. Intéressons-nous à l’un des exemples que prend Watts. Selon lui, le fonctionnement de Facebook et les réglages qui concernent l’identification des utilisateurs le rendrait trop ennuyant voire dangereux à utiliser. Les plus jeunes utilisateurs s’en détachent donc petit à petit, même s’il est vital de posséder un compte afin de pouvoir garder le contact et discuter avec ses proches. Ils lui préfèrent Instagram : moins de pression, moins de risques pour sa vie privée, moins de publications (on notera que l’application a été rachetée par l’entreprise de Mark Zuckerberg en avril 2012).

Il est donc difficile de juger des capacités en informatique de votre cousine Hélène qui a 19 ans ou celles de votre petit frère Ismaël qui vient de souffler ses 21 bougies. Ce que l’on peut en tirer en revanche, c’est qu’il faudrait réussir un jour à dissocier ce qui relève des relations sociales de ce qui tient des compétences professionnelles. Nous avons tendance à confondre les deux et c’est peut-être ça qui est le plus dommageable. Il y a trop de fantasmes et d’idées infondées sur le génie spontané des adolescents connectés. Mais d’un autre côté on peut observer une trop grande sévérité à leur égard. Quand on y pense, combien d’adultes sont capables de réparer leur voiture eux-mêmes ? On ne se pose certainement pas assez souvent cette question, alors que tous, de nos jours, sont nés entourés de moteurs à explosion.

We often describe them as digital natives, people that can master any technological device in a matter of minutes with little or no difficulty. But a study revealed that it was not really the case as most of the members of the so-called generation y don’t know a lot about computers. A young student from Austin, Texas, decided to write what he and the other people of his generation thought about the social networks they used.

Par Xavier Eutrope

Crédit photo: screenmediadaily.com

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