Rest in peace ou keep in touch ?

Caroline_éternité virtuelle_Sémio(TIC)_29nov2014ASHHUG

 

Le web habite notre quotidien tout au long de notre vie, mais il ne compte pas en rester là et veut nous suivre dans l’au-delà !

Du hic et nunc au ubique et nunc

Entre partager des publications et poster des photos sur Facebook, tweeter ou re(re)tweeter sur Twitter, envoyer des emails, sms, mms, Snapchats… le constat est sans appel ! Nous sommes sans cesse en conversation et connexion virtuelle avec nos pairs. Cette communication outrepasse les lois de la physique et de la géographie, en nous offrant la possibilité de rester en contact 24h/24 avec des dizaines de personnes en même temps par écran interposé.

Quid de notre identité numérique quand nous cassons notre pipe ?

Des tas de datas

Si notre corps trépasse et que notre âme (peut-être) s’envole, les datas, elles, restent sur des écrans bien allumés. En effet, des serveurs stockent tout au long de notre vie numérique des informations sur nous : nos passions, nos amis, nos contacts, notre style d’écriture, nos photos… et ces données sont bel et bien réutilisables !

Un nouveau moyen de fleurir les tombes… numériques

Si certains s’alarment de voir des comptes de personnes défuntes toujours existants, d’autres pensent au contraire que la toile peut devenir un lieu de commémoration idéal. Nombre de sites proposent ainsi de rendre hommage à des proches défunts sur le web. C’est le cas de Facebook, qui propose de transformer votre mur en page de commémoration, ou encore du site comemo.org qui a lui choisi la métaphore de l’arbre pour une telle occasion. Une personne décédée est représentée par un arbre sur lequel chacun peut accrocher souvenirs, remerciements, pensées et photos. Cela permet non seulement de rendre hommage au défunt, mais aussi à ses descendants de comprendre qui était leur ancêtre. Une façon de dire « Enraciné dans le passé mais continuant à vous étoffer, vous portez toujours du fruit une fois décédé » !

Laisser sa trace ici-bas… ou plutôt ici-haut sur le cloud

Par ailleurs, il vous est possible de rédiger des messages ou d’enregistrer des vidéos qui ne seront publiés qu’à votre mort. Cela vous permet d’être sûr de dire un mot d’adieu à vos proches à l’heure fatale. En effet, même si la faucheuse vient vous ramasser demain matin au coin de la rue, votre sœur gardera de vous ce dernier message dans lequel vous lui affirmez toute l’affection que vous avez pour elle, alors même que vous veniez de vous crêper le chignon avec elle, et que l’image déplaisante d’un rageur aux poils hérissés aurait pu être la dernière de vous qu’elle eut en tête… Pas très chouette.

Mais ce n’est pas tout :

Mieux que de passer l’arme à gauche, passez l’arme à votre avatar !

Twitter addict, vous êtes angoissé à l’idée de ne plus gazouiller un jour ? Pas de problème : LivesOn se propose de prendre le relai une fois décédé et de tweeter à votre place en fonction du contenu et du style des tweets que vous postiez étant vivant !

Eterni.me va encore plus loin en vous proposant de chatter avec vos pairs, et même à termes de Skyper vos proches post-mortem. En effet, en ayant utilisé les ressources du big data, votre avatar Eterni.me parlera à votre place, prendra l’initiative d’envoyer des emails à vos proches en leur rappelant par exemple un bon moment que vous aviez passé ensemble… Ainsi, votre cœur virtuel continuera de battre, éternellement. ❤

En manque de repères

Mais alors que le net reprend le flambeau de votre activité virtuelle de nombreuses questions existentielles émergent. Comment réussir à faire son deuil, alors que tout porte à vous faire croire que rien n’a changé ?

Sigmund Freud, s’il avait assisté à cette résurrection virtuelle, aurait sans hésiter dégainé son arme du das Unheimliche pour la décrypter. En effet comment passer à côté de ce sentiment d’étrange familiarité lorsque l’on a une conversation Skype avec un être qui est pourtant mort ? Notre cerveau est mis à l’épreuve et la perte de repères est immédiate : conversons-nous avec notre grand-père ou avec Big Brother ?

Jusqu’où irons-nous ? Peut-on imaginer que des robots humanoïdes prendront notre suite après avoir dit couic ?

Tandis qu’Arte future ironise un avenir dans lequel s’entasseront des « immortels léthargiques », une immortalité active semble bientôt à portée de main et de clic…

Thanks to the web, we can communicate everyday until our death eternally!

The Internet is now a place for commemoration of dead relatives or friends where you can leave testimonies, photos, etc. Some websites go even further envisioning being able to chat and even have a Skype conversation with the dead! Will immortality become reality? Virtually, it seems so. But in a sense it does raise the question of mourning… “Uncanny”, as Freud would say!

Par Caroline AILLERET

Source de l’image : www.mondomix.com

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