Des bancs de la fac à la direction générale et artistique d’un festival de cinéma

L'Inconnu FestivalL’année dernière, j’ai dirigé un petit festival de courts-métrages parisien, l’Inconnu Festival, armé seulement de ma bonne volonté et d’un petit mode d’emploi rédigé à la main par la Présidente précédente.

J’ai commencé par réunir les avis des membres de l’équipe sur nos réussites, nos faiblesses, les choses à garder ou à améliorer, etc. Mon enquête m’a permis de réunir un certain nombre d’informations. L’Inconnu Festival entretenait déjà de très bonnes relations avec son public, où l’on appréciait la qualité de sa sélection de films courts et les diverses activités mises en place autour du festival. Par contre, le logo n’était pas des plus jolis et le site internet n’était plus fonctionnel : les catégories renvoyaient au mauvais endroit, les langues cohabitaient étrangement sur les rares pages qui s’affichaient encore. La volonté annoncée d’éclectisme de la sélection (des œuvres du monde entier, documentaires comme fictions, des films professionnels comme des films amateurs…) était assez éloignée de la réalité. Par exemple, nous avions reçu un documentaire africain qui constituait à la fois l’ensemble de nos documentaires et de nos films africains. Le film n’a pas été sélectionné. La sélection comptait donc 28 films, dont 25 européens, aucun amateur, expérimental ou documentaire.

Ainsi, je me suis fixé comme mission de redéfinir l’identité du festival, qu’elle soit visuelle ou éditoriale. Ce travail a été plutôt délicat car l’événement avait déjà connu une refonte quelques années auparavant. Il y avait un risque important de perdre le public avec toutes ces transformations. En effet, le festival était à l’origine consacré aux films auto-produits, principalement français. Par la suite, il s’était tourné vers différents types et origines de productions, s’axant sur l’ouverture (aux cultures, au monde, au public) et devenant gratuit. Le logo en avait profité pour se fixer et ne plus changer chaque année.

J’envisageais deux choix : partir sur ce qu’on avait déjà fait, en redéfinissant notre ligne éditoriale pour mieux correspondre à la réalité observée (fiction européenne), ou alors partir sur ce à quoi nous aspirions (éclectisme), en mettant en œuvre des actions pour appliquer notre ligne éditoriale. Bien sûr, c’est assez caricatural : le premier choix impliquant évidemment de repenser aussi nos méthodes de travail et le second devant passer par une réécriture de la ligne éditoriale.

Historiquement, le festival s’était toujours attaché à proposer des documentaires (forme de cinéma peu diffusée). C’est l’idée qui ressortait de mes conversations avec le public de l’année précédente : il est plus fort de voir quelque chose qu’on ne voit pas ailleurs. Cela a donc été notre choix : l’éclectisme. Amener le spectateur vers son inconnu.

En diffusant un film de kung-fu indien puis un documentaire sur le skate-board à Łódź des années 1980 à nos jours, en associant par la programmation des cinémas différents, mais entre lesquels existent des liens, des rimes, des contradictions, on invite le spectateur à voyager – non seulement à travers les pays, mais aussi à travers les manières de voir le monde.

Last year, I became the director and curator of an international short film festival in Paris. To choose the objectives I had to pursue, I had to evaluate its strengths and weaknesses. That allowed me to put a new spin on the event.

Par Félix Arcade

Crédit photo : L’Inconnu Festival

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s