A Barbie Girl in a Semiotic World

Question pour un champion :

« Je suis une icône de la mode et malgré mon grand âge, je suis toujours indémodable. Au cours de ma longue carrière, j’ai déjà exercé plus de 100 métiers différents et, bien que j’aie dépassé l’âge de la retraite, je n’ai toujours pas prévu de prendre la mienne. Toutes les petites filles envient mon style de vie et mon couple est un exemple de longévité. J’ai incarné les valeurs d’une société en pleine mutation. Muse de nombreux artistes, je suis aussi une star internationale, je suis-je suis… ? »

BARBIE.

Image

Juste après être sortie de ma boîte en plastique où j’ai compris que Life in plastic was NOT fantastic, je me suis demandé ce qui rendait cette poupée si fascinante. J’ai donc actionné mon modèle unique de machine sémiotique et here we go…

Tout a commencé en 1959.

Inspirée par la poupée allemande Bild Lili, Ruth Handler crée la première version de Barbie. Créée à l’image de ce que les filles de l’époque sont censées devenir : a perfect housewife, cette poupée est une véritable innovation sur le marché américain. Son regard en biais, sa robe un peu trop serrée et ses talons aiguilles qu’aucune autre ne pourrait porter avec élégance plus d’une heure…tout nous confirme ce que ses mensurations laissaient présager : Barbie est une projection de l’idéal féminin, un symbole de l’American way of life des 60’s. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, à peine quelques années plus tard, Ken apparaît à ses côtés. Car imaginez le scandale : une femme sans mari ! Quelle manière de transmettre des valeurs aux jeunes filles !

Quoi qu’il en soit, Barbie se doit de provoquer un processus d’identification et de projection. Coup de génie de la marque Mattel, Barbie commence donc à occuper les mêmes jobs que les teenagers de l’époque. Baby-sitter, serveuse dans un fast-food, Barbie n’a plus peur d’affronter la vie. Et lorsque la société change, Barbie change aussi. Elle s’émancipe, de nouvelles perspectives de carrière s’ouvrent à elle : princesse, astronaute, médecin, mannequin… Après tout, tant que le maquillage et le brushing ne sont pas menacés, tout est envisageable !

Encore aujourd’hui, Barbie continue d’incarner un paradoxe parfait : à mi-chemin entre un idéal féminin coincé dans un carcan de stéréotypes et un manifeste féminin qui nous crie qu’en talons aiguilles, tout est possible. Partage constant entre tradition et modernité.

Le seul problème, c’est que vouloir ressembler à Barbie, ça ne tient pas debout. Pas plus qu’elle ne pourrait le faire si elle était transposée en taille humaine. Car Barbie, telle qu’elle est représentée, avec ses parfaites mensurations, serait bien incapable de respirer, de manger et même de tenir debout. Malgré tous les efforts de Mattel pour l’humaniser en lui attribuant une vie, des amis, un métier et même un compte Facebook : proportionnellement parlant, Barbie serait un monstre inhumain.

Pourtant, il reste difficile de balayer l’idée d’une Barbie, femme parfaite à imiter. La faute à une campagne de publicité plus qu’efficace : c’est un véritable empire médiatique qui s’est construit autour de cette poupée. Avec son propre centre commercial et des interviews publiés dans les plus grands magazines, elle est omniprésente. Que les enfants feuillettent un catalogue de jouets, regardent la télé ou surfent sur Internet, Barbie les suit, les happe et les emmène dans son univers.

Comme toute icône cependant, la poupée soixantenaire compte aussi ses détracteurs. Tour à tour démaquillée, vieillie ou sexualisée, l’image de l’éternelle poupée blonde, autant que les valeurs conservatrices qu’elle représente, sont sources de subversion. Il semblerait bien en effet que la poupée aux mille vies ait encore quelques facettes à nous révéler… :

The Work of Mariel Clayton
Dina Goldstein’s in the Dollhouse
Jocelyne Grivaud : Barbie ma muse

A Barbie girl in a plastic world? This is how most of us see the famous doll. The truth is that there is a lot more to Barbie than her make-up and high heels. Time to bring Barbie into a semiotic world!

Par Leïla Hireche

Source photo : In the Doll House

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