Idées à recycler

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Au détour d’une ruelle, à quelques pas de la place Vendôme, se trouve la boutique 16ème Sud. Une boutique surprenante de bijoux créés à partir de matière recyclées. Je l’ai trouvée un peu par hasard, un peu parce que je l’ai cherchée, sans vraiment savoir où j’allais pourtant. Sans le savoir, j’ai imité la démarche de la propriétaire de la boutique : atteindre son but en laissant une place aux aléas et aux hasards tout en conservant sa détermination. Jolie philosophie.

Catherine Tisseuil est issue d’une famille où être une fille n’est pas compatible avec avoir de l’ambition. Sa réaction fut de se taire, un temps, et  de préciser ses idéaux féministes, le reste du temps. Un petit tour à la fac, en éco et en philo pour finalement se rendre compte que ce n’est pas ce qu’elle veut. Talentueuse, elle excelle au dessin mais refuse de s’exprimer parce que ça, « ça ne mène qu’à des jobs de femmes ». Et ça, elle ne l’envisageait pas.

Après des expériences plurielles dans le monde du travail, elle se rend compte qu’elle ne veut ni restaurer des tableaux, ni visiter le lit de ses patrons. Puis elle fait une rencontre. Le genre de celles qui changent tout : un dessinateur qui la pousse à exploiter son talent. Alors, quitte à être une femme, Catherine se dit qu’on peut l’être jusqu’au bout et créer des bijoux.

Elle en vient à travailler pour les plus grands de la place Vendôme. Catherine est en charge de créer et de dessiner ce que tout le monde voudra porter, les maquettes de bijoux qui seront ô combien prisés. Il s’agit de s’approprier les codes et valeurs d’une enseigne, et d’y ajouter sa créativité pour les transformer. Un drôle de métier où la valeur de son travail peut être chiffrée sans que son créateur ait le droit d’y être associé. Le défi créatif et graphique fait alors office de motivation. Entretenir une culture esthétique en attendant d’avoir le droit d’exister.

« Avant de parler, de se nourrir, on se pare. Le bijou est le premier geste humain ». Une déclaration d’amour à son métier et à l’humanité plus tard, il est l’heure de relever un nouveau défi : se déclarer.

Aujourd’hui, Catherine recycle des objets qu’elle transforme en bijoux. Elle continue les histoires qui auraient pu s’arrêter. C’est vrai, on s’attache facilement à un objet. Alors, pour que certains ne soient jamais oubliés, Catherine fait en sorte qu’on puisse les porter. Ça cultive l’unicité et puis l’upcycling, ça évite de gaspiller. Ce sac en cuir qu’on a tant aimé, il sera parfait pour faire des bracelets, et cet écrou, un peu arrangé deviendra une bague. Pour elle, c’est un acte politique, une lutte contre la production en série, un apport à la conscience collective de son individualité.

Objet, bijou, expérience… Rien ne se perd, tout se transforme.

Here is the true rendition of Catherine Tisseuil’s journey, from being a plain university student to a talented jewel designer. Her work translates the values she believes in and every piece of her work is a celebration of femininity & uniqueness.

par Leïla Hireche

Source image : ici-on-invente.com

Liens utiles : http://www.16emesud.fr/

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