L’open data : la donnée pour tous?

Open-dataLe phénomène de l’open data nous vient des États-Unis où il a vu le jour en 1997. En France, il existe depuis 2007 et c’est la ville de Rennes qui a ouvert le bal : elle est la première collectivité à rendre publique ses données en 2010 (http://www.data.rennes-metropole.fr/).

Qu’est-ce que l’open data ? Littéralement « données ouvertes », c’est la libre diffusion pour la libre utilisation de données mises en ligne sur internet par des institutions (mairies, gouvernements, collectivités territoriales). Il s’agit de données chiffrées : des statistiques, des mesures, des horaires, etc.

Cela constitue une importante modification de la mise en service de ces données car pendant des années, ce sont ces mêmes entreprises qui gardaient ces données secrètes. La RATP, notamment, fait partie de ceux qui ont récemment rendu public toutes les données collectées au fil des années (statistiques de fréquentation, affluence dans les différentes stations, plans de métro, etc.)

Mais toutes les données ne sont pas gratuites. Par exemple, l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) vend ses données (démographiques et statistiques). Plusieurs institutions culturelles ou gouvernementales mettent également en place un système de données payantes. Dès lors cependant, cela ne rentre pas dans le cadre de l’open data, dont le principe fondamental reste la gratuité et le libre accès.

Pourquoi rendre public ces données ?

Les organismes publics, comme la RATP par exemple, et les collectivités territoriales possèdent des milliards de données. C’est donc un savoir qui ne trouve pas d’utilisation en dehors des organismes qui les possède. Or, ce savoir peut aider les programmateurs qui cherchent à développer de nouveaux services par exemple. Il s’agit donc ici d’une politique de partage afin de ne pas voir cette immense source d’informations réduites au silence, oubliées alors même qu’elles peuvent être utiles à d’autres. Pour établir des « trends », pour les développeurs d’applications mobiles, pour créer des sites web et des services d’informations. Elles ont donc un rôle d’aide pour la création et l’innovation, mais pas seulement.

Plan de Jérôme Laval (extrait). Source :  http://www.pcinpact.com/news/67185-checkmymetro-open-data-gilles-babinet-ratp.htm

Au Royaume-Uni par exemple, ces données ouvertes servent également aux journalistes pour des enquêtes et des analyses. Les données sont utilisées comme sources d’informations sur le fonctionnement des institutions publiques (http://wheredoesmymoneygo.org/). Elles permettent également d’établir une crimemapping, c’est-à-dire un plan établissant le taux de criminalité par quartier. Dans un pays où les caméras de surveillance sont légions, cela semble en être une utilisation presque  logique, mais qui n’en reste pas moins problématique. Le risque d’ostraciser un quartier ou une ville à cause de sa mauvaise réputation sur le net est notamment un problème susceptible de remettre en cause l’utilisation des données ouvertes.

Démocratisation des données ou atteinte à la vie privée ?

L’accès aux données pour tous tendrait donc à donner plus de transparence à des institutions et entreprises dont nous ne savons parfois rien. Mais le phénomène a ses limites : s’il peut s’agir d’une démocratisation des données, certaines caractéristiques de l’open data sont contestables.

Tout d’abord, le cadre est limité puisque digital. Ensuite, inévitablement, se posent des questions d’éthique et de protection de la vie privée, celle-ci devenant de plus en plus publique (via les réseaux sociaux notamment), cela peut créer un sentiment de paranoïa (Big Brother n’est jamais loin) et une crainte quant à l’expansion de l’utilisation des données ouvertes. C’est donc surtout la possibilité d’une mauvaise utilisation des données qui reste la limite de l’open data. À titre d’exemple, le site opendatafail.fr répertorie et corrige ces mauvaises utilisations. Des données libres donc, mais pas libres de règles d’utilisation, nous rappelle ce site.

Enfin, un aspect important du phénomène concerne le format des données. À l’origine brutes et plutôt indigestes (des chiffres par milliards), elles nécessitent d’être classées et rendues plus compréhensibles afin d’en faciliter l’utilisation. C’est donc au développement de la data visualization, la « visualisation des données » par représentation graphique, auquel nous assistons de plus en plus pour faire de l’open data un outil vraiment à la portée de tous.

Open data is a movement toward freeing the use of public data that originated in the United States in 1997. While the data are used to spur creation and innovation, they also present ethical issues in light of privacy and safety concerns.

Par Florianne Balac

Source photo: http://kermap.fr/vous-avez-dit-open/

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