La Ruche & Nous

Puisque le printemps revient, c’était l’occasion d’aller étudier d’un peu plus près ce bourdonnement qui sourd du côté de l’innovation sociale. Bienvenue à La Ruche : récit de découverte et interview.

ELISE & ELISABETH

The offices of La Ruche are difficult to find. Tucked within the courtyard of a building along Canal St. Martin with only an understated sign to mark its presence, this hive of socially conscious entrepreneurial activity operates without announcing itself.

We found our way into this unique space on a Friday afternoon in time for La Ruche’s weekly Buzz session. Blanche Rérolle, one of the space’s two full-time employees, had encouraged us to attend this weekly informal discussion in order to get a feel for the environment before conducting our interview. As we settled in and unpacked our lunches with other members of the La Ruche community, we were immediately witness to the spirit of collaboration and good will that animates exchange here.

Founded in 2007 by a team of social entrepreneurs with the support of business schools INSEAD and ESSEC, La Ruche is a collaborative workspace for promising entreprises working toward social and environmental innovation in a wide range of sectors. Its office space reflects the creativity and ingenuity of the community. Earth tones, natural light, and exposed brick surround individual work stations, conference rooms, and a large central open space with comfortable furniture and a fully equipped kitchen. White boards with evidence of brainstorming sessions and a paper tree with descriptions of community members adorning its branches line the walls.

The atmosphere is fast-paced and active but friendly and open. Two people sharing our lunch table met for the first time and discovered that one was looking for communications support and that the other was a communications specialist. They had shared ideas and contact information for future collaboration all before the sound of a bell marked the beginning of the Buzz.

As we ate our lunches, group members passed the bell to present themselves and announce events and opportunities or to ask for support. The spirit was convivial but the exchange of ideas was concrete. As the discussion came to a close, we looked to Ms. Rérolle for a better understanding of how this remarkable community sustains itself: interview.

Q : Quel est ton rôle exactement au sein de La Ruche ?

B.R : Je m’occupe de tout ce qui est animation : faire en sorte que l’innovation sociale ne vive pas seulement au sein des projets isolés mais entre les différents projets de La Ruche et en contact avec l’extérieur. Et ça passe par plein de choses : mettre les gens en relation au sein de la Ruche, accueillir les nouveaux entrepreneurs, discuter avec eux de leurs projets, animer le Buzz, coordonner les événements, recueillir les envies des entrepreneurs, réfléchir ensemble à comment les intégrer, comment en parler, qui inviter… Il s’agit aussi de concevoir et de mettre en œuvre le plan de communication de La Ruche. Et puis toutes les petites choses au quotidien qui se rajoutent car on est une petite équipe…avec l’avantage qu’on est tous amené à travailler sur presque tous les aspects de La Ruche.

Q : Justement, combien êtes-vous à y travailler?

B.R : On est deux salariés et une stagiaire. Et on à 600 m2 à gérer ! Comme dans toutes les associations, il y a aussi un bureau qui regroupe le Président, le Trésorier et le Secrétaire, mais qui, eux, sont tous bénévoles. Ils nous épaulent quant aux stratégies et à la direction à prendre car ils sont eux-mêmes entrepreneurs sociaux et partagent avec nous leurs réseaux et contacts, ce qui facilite et renforce les échanges.

Q : En quoi se distingue la Ruche des autres types d’incubateurs ?

B.R : Les vraies particularités de la Ruche, ce sont à la fois son côté collaboratif et son positionnement sur l’entrepreneuriat sociale. Alors que les incubateurs sont souvent spécifiques à des métiers ou à des secteurs d’activité très spécifiques (incubateurs des nouvelles technologies par exemple), ici, les gens sont regroupés par valeurs. Tous les métiers peuvent donc être représentés. De l’agence de notation extra-financière à la rénovation éco-performante du bâtiment, en passant par le label de pêche durable ou l’habitat participatif, il y a un vrai panel de projets. Les gens ont des compétences propres à leur secteur mais partagent une certaine vision de l’entrepreneuriat. Le cœur des problématiques qui se posent ici est ainsi de l’ordre de « qu’est-ce que j’ai envie de faire de mon entreprise, pourquoi et comment vais-je le faire ? »

Q : Et c’est comme ça que vous sélectionner les résidents ? Comment intègre-t-on La Ruche ?

B.R : Il n’y a pas de sélection à proprement parlé car il n’y a pas de dossiers de candidature très formels à nous rendre. On privilégie plutôt la discussion pour chercher à comprendre le fond du projet. Notre approche essaie de cerner des interrogations simples : « Quel est le projet ? Quel est le défi de société auquel il se veut répondre ? Quelle est la solution développée ? En quoi est-elle innovante ? Comment s’assurer de sa pertinente pour les bénéficiaires et quel pourrait être son impact social et/ou environnemental ? ». On veut comprendre comment la personne travaille, sa vision de la collaboration, si elle imagine déjà des partenariats, etc. En fait, pour beaucoup de gens, l’entrepreneuriat social reste encore du jargon…alors qu’en réalité, plein de gens sont entrepreneurs sociaux sans le savoir ! Après bien sûr, il faut surtout que la personne se sente prête à intégrer un espace comme le nôtre. De la même manière qu’on n’a pas un vrai système de sélection, on n’a jamais eu a refuser l’entrée à quelqu’un car les gens sentent d’eux-même si le cadre leur convient et s’il veulent ajuster leur fonctionnement ou non.

Q : Combien y a-t-il de résidents approximativement et comment fonctionne La Ruche en terme de financement ? 

B.R : En ce moment, il y a environ 45 structures à La Ruche, 83 postes de travail et une centaine de personnes : il y a moins de postes que de personnes car certaines ne sont pas résidentes à plein temps. Le turn-over est donc assez important, mais c’est aussi ce qui contribue à entretenir le dynamisme du lieu. Sinon, vu qu’on est une association fiscalisée, ça nous permet d’avoir une activité commerciale. Les entrepreneurs de la Ruche ne paient donc pas de cotisations mais paient, chaque mois, pour les prestations de services de La Ruche (selon la place qu’ils occupent : bureaux de résidents à temps plein ou pied-à-terre). Les recettes nous servent à s’acquitter des frais de fonctionnement, du coût des locaux et du personnel.

Q : À quel stade de développement les entreprises/associations intègrent-elles la Ruche ? Est-ce que vous les aidez aussi à passer d’une simple idée à un projet construit ?

B.R : Pour la plupart des résidents, c’est vrai qu’ils ont déjà déposé leur statut. On remarque tout de même que ce sont souvent de très jeunes structures et qu’en général tout se fait de pair : elles profitent du moment où elles se domicilient à la Ruche pour déposer leur statut. En moyenne, elles restent deux ans. Tout simplement parce que, quand elles se développent, il y a un besoin plus important d’espaces de réunions, de plus grands espaces de stockage…et du coup, les espaces ouverts ne sont parfois plus ce qu’il y a de plus adapté. Par contre, on tient à toujours garder contact avec les anciens (en leur envoyant toutes les semaines les compte-rendus du Buzz par exemple). C’est essentiel car on capitalise aussi sur l’étendue du réseau et le potentiel que cela représente.

Q : Et quelle est ou quelle a été votre stratégie en terme de communication ou autre pour faire connaître la Ruche et continuer à ce qu’elle se développe ?

B.R : Alors ça, ça a surtout été le gros travail de Miora (Miora Ranaivoarinosy – NDLR ) qui était là avant et qui s’est beaucoup impliquée dans le monde de l’innovation sociale. C’est en allant à des événements, en rencontrant les gens, etc. qu’elle a fait connaître la structure. Et c’est vrai qu’au au final, comme on est dans un modèle un peu hybride, on a un écosystème très varié : on a échangé avec les espaces de co-working, avec les incubateurs ou avec les réseaux de l’innovation. On parle aussi aux réseaux des technologies : lors des événements comme la Social Good Week par exemple qui s’intéresse justement aux ponts entre nouvelles technologies et innovations sociales (le Social Good Lab, un incubateur, vient d’ailleurs d’ouvrir sur ces thématiques là). Et évidemment, on est aussi en relation avec tout ce qui relève de l’entrepreneuriat social.

Q : Quid des projets d’évolutions ? Avez-vous d’autres perspectives de dynamisation pour La Ruche ?

B.R : Continuer à s’ouvrir à d’autres réseaux comme avec Paris Incubateurs que l’on a rejoint récemment. On réfléchit aussi à des moyens d’intégrer des personnes visées par des plans de licenciement pour qu’elles viennent incuber ici, au sens propre du terme, leurs projets de création d’entreprise sociale. Mais surtout, on a plusieurs pistes pour développer des Ruches dans d’autres villes. Il y en a une qui a été créée à Lille, un projet à Montreuil et une autre qui va se faire à Montréal d’ici peu : l’équipe est prête et le lieu trouvé…ne manque plus que le dépôt de statut !

Pour plus de renseignements, c’est par ici : http://la-ruche.net/. Et si vous avez des idées à partager : inscrivez-vous au Buzz hebdomadaire du vendredi et rendez-vous au 80 quai de Jemmapes pour un déjeuner stimulant.

Par Elise Labernède et Elisabeth Cramer
Source de l’image: http://la-ruche.net
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