Le conte, CE N’EST PAS QUE POUR LES ENFANTS ! (Épisode 2)

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Au bout du conte d’Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri

Comment ça ?! Le Prince Charmant bégaierait ? La Princesse succomberait au Méchant Loup ? Et La Bienfaisante Marraine serait divorcée ?

C’est avec brio que le talentueux tandem Jaoui-Bacri déconstruit les mythes et légendes des contes de fées dans leur dernière comédie, Au bout du conte, qu’ils adaptent au monde moderne. Ainsi, l’histoire reprend les schémas du conte traditionnel pour mieux les détourner : entre la Belle au Bois Dormant, le Petit Chaperon Rouge et Blanche Neige, attention, le désenchantement n’est jamais loin.

Iconoclaste, voilà comment nous pourrions définir ce film. Avec beaucoup de finesse et d’humour, le tandem Jaoui-Bacri s’amuse à jouer avec les contes de notre enfance et, surtout, les illusions qu’ils ont ancrées dans nos têtes. Croire au destin, aux prédictions, au grand amour, au Prince Charmant… Nous le savons, la réalité est toute autre : un mariage sur deux finit en divorce et ce n’est pas parce que j’ai croisé un chat noir que la foudre va s’abattre sur moi (même si mon horoscope me l’a aussi prédit). Cependant, nous ne pouvons pas -parfois- nous empêcher d’y croire, ne serait-ce qu’un peu, à ces superstitions, à ces coïncidences qui régiraient le cours de nos vies. Et c’est exactement à ce travers irrationnel que s’attaquent les deux scénaristes. Si le film se tourne vers les clichés, du merveilleux gnangnan au romantisme mielleux, c’est pour montrer que cela ne dure jamais…

Pour autant, il ne s’agit pas d’une fable moralisatrice qui pousserait au cynisme. Certes la jolie Princesse se trouve dans un bien piteux état lorsque, désillusionnée, elle se rend compte que le Méchant Loup -divinement interprété par Benjamin Biolay- est un goujat libertin,mais la force du film réside en fait ailleurs que dans l’intrigue. Comme toujours chez Bacri et Jaoui, c’est la représentation psychologique des personnages dépeints avec beaucoup d’humour et de profondeur qui mérite le coup d’oeil. Il n’y a pas de héros, pas de personnage idéal : ils ont tous des moments de maladresse et des fêlures existentielles. Et si les travers du genre humain sont bien présents, c’est avec tendresse qu’on nous les livre.

Le film est donc à regarder comme une véritable cure de bonne humeur où l’on rit sans cesse devant ces petits détails qui font notre quotidien : moment de lâcheté, manque de lucidité, égoïsme, peur inapprivoisée… Ce film nous permet de rire de nos défauts et en fin de conte, d’accepter avec plus de légèreté notre humanité. On notera les dialogues toujours aussi bien travaillés, témoins d’une analyse du genre humain toujours aussi perspicace de nos deux cinéastes. La sauce Jaoui-Bacri a encore une fois bien pris. Une vraie bouffée d’air frais.

Finding Prince Charming, believing in fate… every one of us has believed –even for a second- in superstitions. The latest film from Agnès Jaoui and Jean-Pierre Bacri makes us laugh about our undeniable flaws, depicting them with wit and tenderness.

Mélanie Hatte

Source : lenouvelobs.com

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