Transformer l’essai

Un homme à terre. Une centaine de personnes a les yeux braqués sur lui. La tension est palpable. Personne n’intervient. Et pour cause, ça ne serait pas du jeu…

J’avoue tout : le sport, ce n’est pas mon point fort (pourquoi donc ces gaillards se battent-ils pour une balle ? Ne serait-ce pas plus simple d’en donner une à chacun ?), pourtant, je trouve ça fascinant. Un stade se fait arène, de vaillants joueurs s’affrontent selon des règles bien définies devant un public qui, bien qu’ayant déjà choisi son camp, se délectera de cette explosion de combativité dans une ambiance électrique. Ça ne vous rappelle rien ?!  Un indice : morituri te salutant

De la même manière que l’antiquité avait ses gladiateurs, les temps modernes ont leurs joueurs. Pour moi, les matchs de rugby sont une forme de théâtralisation de la violence. Qu’il s’agisse du décor (i.e. le stade de la cité), des acteurs (prêts à en découdre avec leurs adversaires du jour jusqu’à la victoire finale) ou de l’audience vibrante, tout semble être organisé dans un seul but : montrer et/ou exercer une forme de violence maîtrisée qui ne saurait être tolérée par ailleurs.

Au-delà du simple divertissement, les matchs sont un déferlement de passions. On vient y chercher du spectaculaire. Les joueurs sont soumis à une double pression (le demi attendra la troisième mi-temps pour mousser) : celle de la victoire et celle que le public leur impose. La chorégraphie change sans cesse mais l’intensité, elle, ne doit jamais baisser. Il est important de maintenir une forme de cohésion. Car c’est aussi ceci que les amateurs de rugby veulent trouver : l’appartenance à une communauté, la chaleur de l’unicité, comme en témoignent les éclatements vocaux synchronisés.

En l’occurrence, ce jour-ci, ils ont été particulièrement assourdissants… Quoi de plus normal ? « ON  a gagné ! ON a réussi !». Je n’ai pourtant pas souvenir d’avoir bougé de mon siège…

Have you ever thought that rugby players were gladiator-like? Though centuries divide them, similarities abound between these two types of athletes, from the way that they behave to the audiences that cheer them on. Maybe stadiums are nothing more than modern-day arenas…

 par Leïla Hireche

Source : saint-denis-rugby.sport24.com

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