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Châtelet-les-Halles – Marne-la-Vallée Chessy. MARNE-LA-VALLÉE CHESSY. Quarante minutes de RER : c’est ce qui vous sépare du monde merveilleux de Disney.

9h00 : les portes du parc s’ouvrent. Le ventre vide à la conquête de l’espace, il est temps de s’engouffrer à bord du XP-41 pour un tour de Space Migraine.

Propulsion en coup de canon et mise en place du plan d’attaque : il s’agit de rentabiliser au maximum son ticket. Pas besoin de chercher bien loin, le visiteur lambda calque tout bêtement sa stratégie sur la logique marchande du lieu. Et puisque le temps, c’est de l’argent, le but de la journée restera simple : enchaîner les attractions. Premier tour, premières impressions, on vous en met plein la vue et le cœur s’emballe facilement. Disney a tout compris. Du Grand Canyon à Hollywood, d’Indiana Jones à Aerosmith, l’artillerie lourde est sortie et décors, costumes et discours des employés sont là pour nous éblouir et ancrer un peu plus ce simulacre du monde dans la réalité physique.

Certainement que toute la puissance de Disneyland se trouve là : tout est fait pour nous faire croire à cette utopie aseptisée où l’on peut glisser d’Adventureland à Fantasyland en moins de cinq minutes. Car oui, ici, les différents espaces se touchent et ce concentré d’univers nous permet de naviguer entre les différents mondes sans aucun des désagréments du voyage réel. Formidable. Comme nous le dit l’attraction et sa gentille musique diffusée en boucle It’s a small world. C’est donc dans une sorte de confrérie joyeuse mais statique que l’on met en boîte la planète toute entière. Les Français font du French Cancan, les Irlandais sont des lutins et les Anglais dans un bus rouge. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Un monde en plastique et papier mâché, cela dit. Comme si le parc avait fait de ses propres manèges des analogies parfaites de la rhétorique disneyienne.

En observant la scénographie, on se rend bien compte que le lieu est séparé du dehors, de toute réalité. À l’intérieur de l’enceinte, Disney est libre de réinventer l’histoire. Il cultive la nostalgie pour une espèce de passé mythique où conquête de l’Ouest et de la Lune sont rejoués selon l’idéal américain.

En 1973 déjà, Louis Marin avait décrit les rouages de cette « utopie dégénérée » ; et il est vrai qu’une alternative serait difficilement accessible. Car une fois le périmètre franchi, l’on est tenu d’en suivre les règles. De A à Z, l’odeur des fast-food, la photo souvenir à 25 € et l’attente interminable dans le froid font resurgir la véritable mécanique du lieu : ici, c’est à la chaîne que ça marche. Une fois dans la machine, il faut suivre les rails.

16h00 : Pause shopping sur Main Street USA. On nous vend du rêve, mais surtout des oreilles sous toutes leurs formes. Boules à neige Mickey, bonnets Mickey, sucettes Mickey ; moules à cake Minnie. Chez les souris aussi, c’est madame qui est aux fourneaux. Le fétichisme de la culture de masse se fait légèrement oppressant.

18h00 : Direction la Tour de la Terreur pour un dernier frisson. Super prétexte à une analogie facile : l’ascenseur social, lui aussi, déraille un peu. On s’élève vite, retombe, puis redécolle pour se crasher d’encore plus haut. Paraît que le système est en crise. Le personnel apathique, parfait dans son rôle, nous rappelle qu’il sera « bien chanceux, celui qui ne se fera pas broyer par la machinerie en place ».

19h30 : La parade bat son plein. Sorte de gay pride pour familles respectables, Dingo agite sa cape pailletée comme une vraie Priscilla, reine du désert. Il est temps de partir.

Voilà qui est fait, prochain voyage prévu dans 10 ans minimum pour avoir le temps de digérer ce condensé d’expériences. Reste qu’en passant sous le château, on jette un petit coup d’œil en arrière : les lumières aveuglantes, c’était pas si mal d’y croire pendant un moment. Et puis, après tout, quitte à s’enfermer dans ce lieu du paternalisme, pourquoi ne pas en profiter pour être des vrais enfants d’un jour ? Merci papa Walter, c’était bien marrant.

« To all who come to this happy place – welcome. Disneyland is your land. Here age relives fond memories of the past and here youth may savor the challenge and promise of the future. Disneyland is dedicated to the ideals, dreams and the hard facts that have created America… with the hope that it will be a source of joy and inspiration to all the world. » Walter E. Disney, (July 17, 1955).

Par Elise Larbernède
Source de l’image : Elise Larbernède

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