Le conte, CE N’EST PAS QUE POUR LES ENFANTS ! (Épisode 1)

Theater Meschugge La vieille et la bete 2010 Brigitte Pougeoise

La Vieille et la Bête d’Ilka Schönbein

Si je vous dis « spectacle de marionnettes », à quoi pensez-vous ? Que ce n’est réservé qu’aux personnes de taille réduite qui ont une croyance sans faille en l’existence du Père Noël ? Attendez un peu de voir le spectacle de la marionnettiste allemande Ilka Schönbein qui revient nous jouer La Vieille et la Bête au Théâtre du Grand Parquet !

Pénétrez l’enceinte de ce théâtre sous chapiteau et vous ne vous sentirez déjà plus à Paris. Marionnettes en papier mâché, têtes de grenouilles et masques difformes exposés dans l’entrée vous accueillent à bras ouverts. Une chose est certaine, Guignol est bien loin. Invitation insolite, une fois devant la scène, on vous propose du cidre et des pommes en en-cas avant de vous laisser vous installer dans cette petite salle à l’atmosphère intimiste. Bienvenue dans le monde d’Ilka Schönbein, un monde où proximité rime magiquement avec interaction avec le public. Mais chut ! Mme Loyal -alias la chanteuse et musicienne Alexandra Lupidi- nous l’annonce : ça va commencer !

Il était une fois une petite fille qui rêvait d’être ballerine. Accomplissant son destin, elle connait de brèves heures de gloires en devenant « ballereine » avant que, très vite, le temps cruel ne la rattrape, ne faisant d’elle qu’une « balleruine ».

Sur ces doux et simples jeux de mots commence l’histoire d’Ilka Schönbein. Un deuxième récit enchâssé nous raconte l’histoire fantaisiste d’un amour entre un âne et une vieille femme. Vous l’aurez compris, si le monde du cirque et de l’enfance sont omniprésents, l’univers d’Ilka Schöenbein, lui, est teinté de noirceur et d’ironie. Aucune jolie princesse n’apparaitra : notre héroïne est une vieille femme aux dents gâtées, visitée par la Mort. Dans cette parodie de contes -de la Belle et la Bête aux Milles et Une Nuits- s’entremêlent, par un jeu de clins d’œil, amour zoophile, refus de vieillir et maison de retraite.

C’est aussi et surtout sur la performance fascinante de la marionnettiste qu’il faut s’attarder. Incroyable d’inventivité et d’ingéniosité, Ilka Schönbein fait tout toute seule : ses marionnettes étant un véritable prolongement de son corps. Le summum de son art est atteint avec cette scène entre l’âne et la vieille femme : les jambes et le postérieur d’Ilka figurent le corps de l’animal dont la tête est animée par son bras droit, tandis que le reste de son corps représente la vieille femme. Rien ne semble faire obstacle à la représentation pour cette artiste protéiforme.

À travers ce spectacle, c’est à une véritable innovation dans l’esthétique de la marionnette que l’on a affaire. Parce que l’art de la marionnette est encore trop souvent considéré comme mineur, il est temps de voir comment des artistes tels qu’Ilka Schönbein lui rendent ses lettres de noblesse. On en ressort avec une seule envie : que ça recommence. Spectacle du 9 au 12 avril.

You have always thought that puppet shows were only for children? Discover the universe of Ilka Schönbein, an extraordinarily inventive puppeteer who reimagines classic fairy tales with black humor and cunning techniques. Unforgettable!

Par Mélanie Hatte
Source de l’image : tgpfrouard.fr

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