« The Museum of Everything » : le musée de TOUS

Museum of Everything
Rendez-vous au 14 boulevard Raspail : une mélodie jazzy et deux charmants jeunes gens accueillent les visiteurs de l’exposition qui semble déjà commencer. Arrivé à la billetterie, on ne paye pas, on « participe » avec en bonus un petit autocollant de l’exposition pour décorer nos vêtements (Chouette !). Nous entrons dans une petite cour où une flèche géante nous indique la direction à prendre. Tout en haut d’un vieil escalier de service, l’exposition commence par cette image :

« Photographie interdite, Amende 1000 € »

La punition semble un peu sévère. Mon cœur bat la chamade ! Moi qui avais déjà pris cinq photos avant même d’entrer dans le bâtiment d’exposition, je temporise… Difficile de définir la limite entre le sérieux et le second degré dans ces lieux. Pas de prise de risque, je décide de ne prendre aucun cliché : ce que je vais voir entre ces murs y restera. Au fond, je pense que c’est là tout l’intérêt de cet événement éphémère. « The museum of Everything » est à l’opposé des expos classiques qui présentent des d’artistes de renommée. Ici, les visiteurs viennent justement parce qu’ils n’ont aucune idée de ce qu’ils vont y trouver. Une expo à vivre comme une expérience hors du commun et un mystère visuel qui restera secret.

C’est dans les murs d’une vieille école catholique aux airs de squat que nous découvrons des œuvres « d’artistes non intentionnels » du 19e, 20e et 21e siècle. De salle en salle, ils expriment leur différence au travers de leurs œuvres : un sculpteur aveugle, un homme atteint de troubles obsessionnels… Le meilleur exemple reste tout de même celui d’Henri Darger. Atteint du syndrome Gilles de la Tourette, il passe son enfance dans une pension catholique où ses tuteurs le déguisent en petite fille, l’abusent sexuellement et le maltraitent. Difficile de faire pire en effet. Son œuvre choque autant que son histoire. Durant toute sa vie, il confectionne secrètement un récit épique illustré de plus de 15 000 pages appelé « The story of the Vivian girls ». Quelques unes de ces planches, découverte après sa mort, se dévoilent dans la première salle de l’exposition. Des petites filles avec des sexes masculins subissent des tortures dans un univers de papillons géants. Autant dérangeant qu’émouvant : je découvre le brillant Henri Darger. Ou comment peindre la douleur avec de jolies couleurs.

Tout au long du parcours, le parquet grinçant est couvert de petits autocollants de l’expo qui témoigne du passage des nombreux visiteurs. « The Museum of Everything » est un concept à part, une véritable marque même. La boutique présente de nombreux produits dérivés insolites : torchons, valises, bonbons ou encore un livre intitulé « You are not only human », intrigant ! Sans oublier le plus surprenant : la possibilité de devenir abonné à vie du musée. Paradoxal quand on sait que c’est un musée ambulant : après avoir été acclamé à Londres, Turin et Moscou, il ne lui reste plus que quelques jours à Paris. À voir d’urgence avant le 31 mars !

The museum of Everything is the only traveling museum in the world, and lucky for us, it is currently in Paris. A place where art is not defined solely as the product of “artists”, but is instead seen as a way for any human to express feelings, pain and ideas.

Par Jeanne Klein
Source de l’image : Jeanne Klein

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